Etude écologique

L’étude écologique est un volet structurant de l’étude d’impact. Elle porte aussi bien sur la flore que la faune avec une spécificité concernant l’avifaune et les chauves souris qui sont potentiellement les plus impactés par l’éolien.

ENJEUX FLORISTIQUE ET HABITAT

Une grande partie de l’aire d’étude immédiate naturaliste est couverte par les prairies de fauche, les prairies pâturées et les boisements. L’ensemble de ces habitats présente un enjeu faible. Il en est de même concernant les grandes cultures et les zones rudérales. En revanche, les experts d’Envol attribuent aux territoires inclus dans la ZNIEFF 740120082 « Tourbière et zone humide du ruisseau de Rioubazet » et aux stations de Pédiculaire des marais et de Sphaigne compacte (espèces soumises à une protection réglementaire) un enjeu fort.

Localisation des habitats humides et des stations floristiques remarquables de l’aire d’étude immédiate (source : Envol) 

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Localisation des habitats humides et des stations floristiques remarquables de l’aire d’étude immédiate (source : Envol) 

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Mesure : ces zones ont été évitées dans l’implantation finale.

ENJEUX AVIFAUNISTIQUE

L’étude écologique a montré que:

  • Les effectifs très supérieurs de Milans royaux en phase des migrations prénuptiales (111 individus) et postnuptiales (196 individus) en déplacement direct (migration stricte) ou à hauteur de pales d’éoliennes et jusqu’à des altitudes supérieures à 150 mètres par rapport à la période de nidification à hauteur supérieure à 30 mètres (total de 4 individus recensés) et à la phase hivernale (total de 2 individus observés)
  • La présence d’un couloir de migration large et diffus orienté selon un axe sud-ouest/nord-est au printemps et nord-est/sud-ouest à l’automne
  • L’absence de site de nidification du Milan royal dans l’aire d’implantation d’étude du projet. En phase de reproduction, la zone d’implantation est ponctuellement utilisée pour l’alimentation et les transits vers des territoires de chasse plus éloignés
  • La présence de sites de nidification dans la Vallée de la Cère (données SEPOL) mais exclusion de tout éolienne des zones tampon préconisés par la SEPOL (2 km)

Le Milan royal représente en enjeu fort sur le site du projet en période de migration

Le milan royal représente un enjeu fort sur le site du projet en période de migration. Nous avons donc fait le choix d’éviter certaines zones sensibles, proches des sites de nidifications. La réduction du nombre de machine est une mesure mise en place pour pallier cette sensibilité.

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Cartographie des points de contact du Milan noir et du Milan royal en migration prénuptiale

Pour la zone du projet, les enjeux les plus élevés, qualifiés de forts, concernent les périodes des migrations pré et postnuptiales. Le niveau d’enjeu lié à ces périodes concerne surtout les passages relativement importants du Milan royal. Toute la zone du projet est concernée par un niveau d’enjeu fort en période de migrations.

Mesure : Dans l’optique de pallier cet enjeu, un système de régulation de l’impact (effarouchement des oiseaux et arrêts des machines) sera mis en place.

Mesure de réduction : prise en compte de nids aux alentours

En 2014 une implantation à 12 éoliennes était envisagée. La SEPOL nous a transmis une carte présentant les zones tampon par rapport aux nids de:

  • Le Circaète Jean le Blanc : La zone tampon par rapport au nid impacte 4 éoliennes au sud du projet éolien
  • Le Milan royal : La zone tampon par rapport à la présence d’un nid est à proximité directe de la dernière ligne d’éolienne au sud
  • L’Aigle botté : La zone tampon concernant le nid de cette espèce est localisée à plus d’1 km de l’éolienne la plus proche

> L’implantation des éoliennes à été revue suite à ces échanges.

1.Implantation – juin 2014

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Prise en compte des zones tampons de SEPOL par éloignement des éoliennes:

  • à plus de 2,5 km des sites de nidification des Milans royaux
  • à plus de 2 km de ceux des Circaètes Jean le Blanc

2. Implantation finale

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Mesure :

  • Réduction du nombre de mât et optimisation de l’implantation
  • Mise en place d’un système d’effarouchement

ENJEUX CHIROPTERE

L’étude écologique a montré que:

  • Les plus forts enjeux et sensibilités sont définis au niveau des lisières de boisement et des haies. Des espèces à forts enjeux y sont présentes, de par leurs statuts défavorables ou leur importante activité. Des espèces particulièrement sensibles aux éoliennes exploitent également ces milieux, notamment les pipistrelles, noctules et sérotines. Ces espèces ne présentent pas un enjeu majeur, mais sont fortement exposées aux risques de collision et de barotraumatisme. En outre, la diversité est importante au niveau de ces milieux semi-ouverts. Concernant les milieux boisés, habitats les plus répandus sur l’aire d’étude, ils présentent une sensibilité modérée. Des espèces peu exposées aux risques de collision/barotraumatisme y sont présentes. Enfin, la sensibilité la plus faible est observée au niveau des espaces ouverts où peu d’espèces ont été contactées et où l’activité est faible.

Mesure : Le choix d’un gabarit haut représente une mesure de réduction efficace pour réduire très significativement les risques de mortalité vis-à-vis des chiroptères.

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Sensibilités chiroptérologiques associées à la zone d’étude (source : Envol)

Mesure de réduction en faveur de la Faune

Démarrage des travaux en dehors de la période mi-avril et début août donc en dehors de la période de nidification de l’essentiel des espèces

  • Limiter le risque de destruction d’individus, de nichées et d’habitats de reproduction des oiseaux nicheurs pendant la phase chantier, les travaux devront être initiés
  • Limite les risques de perturbations pour les chauves-souris à cette période (correspondant notamment à la phase de mise-bas).
  • Mesure aussi favorable au reste de la faune active à cette période (mammifères terrestres, amphibiens, insectes et reptiles).

Travaux de défrichement effectuées entre mi-août et mi-octobre ou entre fin mars et mi-avril en dehors de la phase de mise-bas (qui s’étend de fin mai à début août) et en dehors de la phase d’hibernation (fin octobre à fin mars avec des chauves-souris alors en léthargie donc très vulnérables).

Limite le risque de dérangement des gîtages des chiroptères arboricoles (pour la mise-bas et l’hibernation notamment) dans les arbres feuillus qui seront défrichés

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CONCLUSION

Implantation du projet au regard des enjeux

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Cartographique des enjeux écologiques associés au plan d’implantation du projet éolien du Deyroux (source : Envol)

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Etude acoustique

Généralité

Les émergences sonores admissibles, dans les zones à émergences réglementées, sont de 5 dB(A) de jour et de 3 dB(A) de nuit dans le cas de niveau de bruit ambiant supérieur à 35 dB(A),

Le niveau de bruit maximal est fixé à 70 dB (A) pour la période jour et de 60 dB (A) pour la période nuit en chaque point du périmètre de mesure de bruit défini.

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Source : Mairie de Paris

Points d’étude

Pour mener à bien l’étude acoustique, réalisée par le bureau d’étude Gamba, 11 points d’écoutes ont été disposés autour de la zone d’étude. La campagne d’étude s’est déroulée sur 20 jours.

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Points de mesures (Source : Gamba)

Point 1 : Riouzal
Point 2 : Mazeyrat
Point 3 : La Bitarelle
Point 4 : La Maisonneuve
Point 5 : Pruns
Point 6 : Bourg de Camps
Point 7 : Queyrolles
Point 8 : Lherm
Point 9 : Lascana
Point 10 : La Bissière
Point 11 : Rioubazet
Point 12: Tartaillade

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Sonomètre

Objectifs

L’étude d’impact acoustique du projet éolien du Deyroux a consisté à :

  • réaliser des mesures des niveaux sonores résiduels chez les riverains les plus exposés en fonction de la vitesse du vent. La campagne de mesure s’est déroulée sur plus de 1 mois et a permis d’obtenir des mesures de bruit résiduel pour les orientations de vent dominantes, à savoir les secteur Sud-Est et Nord,
  • effectuer des calculs prévisionnels des émissions sonores du projet pour une implantation à 10 machines avec d’une part des machines fictives avec un gabarit maximal et d’autre part des machines V126 du constructeur Vestas,
  • effectuer les analyses réglementaires de l’impact acoustique du projet.

A partir des mesures des niveaux sonores résiduels et de celles des vitesses de vent, les corrélations entre niveaux sonores mesurés et vitesses de vent permettent d’estimer les valeurs des niveaux de bruit résiduel par classes de vitesse de vent.

Les émergences ont pu être caractérisées pour des vitesses de vent de secteur Sud-Est comprises entre 3 et 11 m/s de jour et entre 3 et 10 m/s de nuit et, pour le secteur Nord entre 3 et 8 m/s de jour et entre 3 et 7 m/s de nuit.

Résultats

Carte de bruit secteur Sud Est

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Carte de bruit secteur Nord

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Ces cartes considèrent un spectre acoustique correspondant à 105.5 dB(A) obtenu pour un vent entre 8 et 9 m/s à 140 m.

Pour chacune des situations pour lesquelles un non-respect des émergences réglementaires a été mis en évidence, des solutions techniques seront mises en œuvre (cf. chapitres « mesures ») afin de s’assurer du parfait respect de la réglementation en vigueur une fois le parc en fonctionnement.

L’ETUDE PAYSAGERE

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Les enjeux principaux de la Xaintrie et des entités voisines sont liés aux jeux d’ouvertures et de fermetures du paysage de ces plateaux légèrement ondulés et des vallées fortement encaissées.

Avec les objectifs actuels de développement éolien régional, les enjeux paysagers locaux sont à relativiser par rapport aux enjeux paysagers à l’échelle d’une région. Le schéma éolien de l’intercommunalité du Canton de Mercoeur a d’ailleurs permis d’orienter le porteur de projet vers ce secteur. Ainsi, en respectant les grands principes paysagers du développement de l’éolien, il est avéré que les terrains de la zone envisagée pour le projet seraient favorables à l’accueil d’un parc éolien.

Le bureau d’étude Après la Pluie a été mandaté pour réaliser une étude sur la perception sociale des paysages. Cette analyse montre que le paysage local a subi des transformations dont l’échelle de temps ne permet pas toujours de voir ou de comprendre les modifications. Ces transformations sont plus ou moins visibles, plus ou moins fortes, plus ou moins bien perçues, mais, elles montrent toutes que le paysage n’est pas figé, mais en constante évolution. C’est donc à l’intérieur des modes de pensée, de la perception du paysage que les individus sont plus ou moins enclin à accepter les transformations à venir.

Points généraux sur les photomontages

Conditions d’observations des éoliennes

Influence de l’heure – La première photo est prise le matin, elle est éclairée de face ; la seconde le soir, elle est éclairée de dos. Cette différence est fondamentale puisqu’elle modifie complètement la perception visuelle des éoliennes. Ces deux clichés exposent la difficulté que l’on rencontre lors de la réalisation de photomontages pour illustrer de façon réelle et représentative la perception qu’on pourra avoir d’un champ éolien, puisque cette perception est sans cesse modifiée par le changement de la position du soleil au fil du jour, ainsi que par les changements climatiques.

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photo-aprem

Influence des conditions climatiques – La première a été réalisée par temps gris, lors d’une averse passagère, alors que sur la seconde les éoliennes se trouvent sous une éclaircie. La différence de visibilité est notable : en conditions pluvieuses, par brouillard, et par temps couvert en règle générale, les éoliennes deviennent nettement moins perceptibles que par temps clair ou ensoleillé.

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Par temps gris
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Par temps ensoleillé

Détermination des points de vue pour la réalisation des photomontages

Au préalable à la réalisation des prises de vue sur le terrain, une cartographie des Zones D’Influence Visuelle (ZIV) potentielle du projet est réalisée. Un logiciel spécialisé dans le développement de projet éolien est utilisé dans ce cadre.

Le modèle Numérique de Terrain (MNT) utilisé ne prend pas en compte les éléments au dessus du sol. Ces éléments sont intégrés par la suite.

La réalité du terrain montre alors, dans la quasi-totalité des cas, des zones de visibilité sur le parc beaucoup plus réduites, en termes de surface, que sur la modélisation cartographique.

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Les points de vue retenus doivent permettre de répondre aux enjeux paysagers en évaluant:

  • Les risques d’exposition des habitations à proximité du projet éolien ;
  • Les risques de confrontations visuelle avec les silhouettes des villages et les sites ou monuments historiques ;
  • Les enjeux du paysage avec les entités ou sous-entités paysagères plus sensibles à l’éolien ;
  • Les risques de covisibilités entre les différents parc éoliens construits.
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Visibilité sur le Parc Eolien

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Covisibilité avec le Parc Eolien

CONCLUSION

Le principal impact, en terme de visibilités, concernera les usages du territoire local et les riverains des hameaux et bourgs à proximité du projet. La végétation autour des villages créée des écrans visuels participant à masquer tout ou partie des futures dix éoliennes. Le recul des éoliennes protège les zones habitées d’effets de surplomb (depuis Camps, par exemple). Les co-visibilités avec les silhouettes de bourgs sont favorisées par un relief mouvementé permettant de larges panoramas sur les éoliennes (Saint-Mathurin-Léobazel).

La lisibilité du projet est plutôt bonne depuis les principaux axes de découverte du territoire notamment du fait du positionnement des éoliennes en relation avec deux éléments structurants (ligne électrique aérienne et RD 41).

A plus vaste échelle, la lecture des lignes n’est pas toujours évidente, mais le nombre raisonné d’éoliennes permet de limiter les vues brouillées avec des superpositions de machines.

Aucun impact visuel du projet ne sera possible depuis les gorges de la Maronne ou de la Cère. Le fond de la Vallée de la Dordogne ne sera également pas impacté par des vues sur les éoliennes. Cependant quelques visibilités à partir des hauts de versants opposés au projet demeurent possibles.

A l’exception de l’Eglise de Saint-Mathurin-Léobazel, l’évaluation de l’incidence du projet sur le patrimoine n’a relevé que peu d’impacts notoires. L’Eglise de Mercoeur ne présentera pas de confrontation avec les éoliennes du Deyroux. Des co-visibilités ponctuelles sont à noter sur le parc éolien depuis l’Eglise de La Chapelle-Saint-Géraud. Les monuments ou espaces emblématiques plus éloignés du site (Argentat, Tours de Merle ou de Carbonnières) ne présentent pas de vues sur le projet. Des visibilités partielles sur les éoliennes ont été mises en évidence depuis des lieux emblématiques et éloignés (Château de Castelnau-de-Bretenoux ou Eglise du Puy d’Arnac).

Le projet du Deyroux s’insère dans un paysage plutôt sensible. L’analyse des impacts a permis de mettre en évidence la bonne adéquation du nombre d’éoliennes vis-à-vis des sensibilités paysagères identifiées.